Road Trip Aventure en Péninsule Ibérique

30 jours en van à travers l’Espagne et le Portugal

Après plusieurs road trips en France, j’ai décidé cette année de partir quatre semaines en péninsule Ibérique : quinze jours en Espagne et quinze jours au Portugal. Au total, plus de 3 000 km parcourus entre l’océan Atlantique et les montagnes, des dénivelés allant de moins 80 m à plus de 2 500 m et quatre saisons traversées en un mois. Un voyage intense, dépaysant, qui au départ de Madrid m’a une nouvelle fois confirmé que le vanlife est définitivement le mode de voyage qui me correspond.

Petite précision avant de commencer : j’ai très peu fréquenté les campings (quatre en Espagne, un au Portugal). La plupart de mes nuits ont été passées en bivouac — en pleine nature, sur des parkings, dans des zones de pique-nique ou sur des terrains privés avec autorisation.
Le bivouac en van, en 2025, reste une tolérance et non un droit : discrétion, respect des lieux et de la réglementation, de l’environnement et des habitants sont essentiels pour que nous puissions continuer à voyager ainsi.

Allez, en route pour l’aventure !

Cliquer sur l’image pour voir en détail le parcours

Sommaire

  1. 30 jours en van à travers l’Espagne et le Portugal
  2. Espagne : De Madrid aux Parcs Naturels du Nord
    1. / Burgos et ses charmes médiévaux
    2. / Parcs naturels de Montes Obarenes – San Zadornil et Valderejo
      1. Frías, Purón, Santa Ana et Herrán
      2. Parc de Valderejo, Lalastra
    3. / Pico Tres Mares : panorama exceptionnel
    4. / Vallées du Nansa et du Saja
  3. Côte Cantabrique : Plages, Falaises et Villages médiévaux
    1. / Comillas, Santillana del Mar, Pimiento
    2. / Randonnées côtières : Bufones d’Arenillas, Playa de Franca
  4. Vers les Picos de Europa
    1. / Village de Bulnes, Asiegu et alpages
    2. / Asiegu et alpages
  5. Asturies : Montagnes, Lacs et Villages
    1. / Lacs de Covadonga
    2. / Oviedo, capitale des Asturies
    3. / Senda del Oso depuis Entragu
    4. / Lagos de Saliencia : une fenêtre météo parfaite
  6. Dernière route en Espagne, bientôt le Portugal !
    1. / Las Médulas
  7. Viva le nord du Portugal !
    1. / Au bord du Rio Tâmega
    2. / Parc national de Peneda-Gerês
    3. / Miradouro de Fafião et cascade d’Arado
    4. / Guimarães
    5. / Amarante
  8. La vallée du Douro
  9. Pont suspendu 516
  10. La côte sauvage #1
    1. / Cais do Bico (Murtosa)
    2. / de Cortegaca à Sao Jacinto
    3. / Le ferry
    4. / Costa Nova
    5. / Praia do Areão
  11.  Le parc de Buçaco
  12. Coimbra
  13. La côte sauvage #2
    1. / Miradouro da Bandeira
    2. / De Figueira da Foz au Lagos da Pataias
    3. / Nazaré et São Martinho do Porto
  14. L’arrière pays du « centre »
    1. / Óbidos
    2. / Alcobaça – Batalha – Porto de Mós
    3. / Les grottes d’Alvados, Santo António et Mira de Aire
    4. / Tomar
  15. La fin du road trip
    1. / Albufeira da Barragem do Castelo de Bode
    2. / Marvão
    3. / De retour à Madrid
  16. Le mot de la fin

Fraîchement arrivé d’Orly tôt le matin, je récupère mon van loué chez RoadSurfer et file faire quelques courses avant de prendre la route en direction de Burgos, à 200 km au nord de Madrid.

Capitale provinciale de Castille-et-León, Burgos séduit immédiatement par son architecture médiévale incroyablement bien conservée. Impossible de manquer sa majestueuse cathédrale Sainte-Marie, chef-d’œuvre gothique dont les trois portails sont dominés par de splendides flèches ciselées.
Je flâne un moment dans les ruelles, profite de l’atmosphère tranquille, puis je reprends la route en fin d’après-midi pour rejoindre mon premier camping, à Busto de Bureba. Un petit camping simple mais très agréable, avec un bistrot où l’ambiance espagnole est bien au rendez-vous.

Demain commence réellement mon road trip dans les Parcs naturels de Montes Obarenes – San Zadornil et Valderejo.

Frías, Purón, Santa Ana et Herrán

La journée démarre sous une pluie fine, mais la météo promet une amélioration. Direction Frías, avec une petite halte en route pour admirer les chutes de Tobera, un enchaînement de cascades pittoresques qui donnent déjà le ton du voyage.

Frías est un village médiéval absolument charmant, dominé par un château fortifié que l’on peut visiter pour seulement deux euros. Du haut des remparts, la vue sur la vallée est superbe.

Je reprends ensuite la route vers Herrán. Le trajet en lui-même vaut déjà la peine : la route serpente entre collines et falaises, offrant de magnifiques panoramas. Une fois arrivé, je chausse mes chaussures de randonnée pour ma première exploration du parc de Valderejo : les gorges de la rivière Purón et le mont Santa Ana (1 039 m).

La montée est rude, parfois glissante, et certaines sections plongent dans le vide de manière assez abrupte. À éviter si l’on a le vertige. Mais une fois au sommet, le spectacle est grandiose : une vue à 360° sur tout le parc. La descente, plus douce, mène aux gorges et traverse de jolies vallées.

Parc de Valderejo, Lalastra

Après cette belle première journée, je rejoins le village de Lalastra pour passer la nuit. Demain m’attend une nouvelle randonnée dans ce parc que je découvre avec enthousiasme.

Le lendemain matin, je me réveille dans une ambiance que j’adore : brume épaisse, silence total, odeur de végétation humide. Vers 9 h 30, je pars sur un sentier menant vers les hauteurs du parc. L’itinéraire est parfois peu marqué et se perd par endroits.

De retour au van vers 14 h 30, après une douche bien méritée et un rapide repas, je reprends la route pour la suite de mon aventure ibérique.

Sur le Pico Tres Mares, le monde s’ouvre comme un livre d’horizons infinis.
Le vent y murmure l’appel du voyage, les cimes se parent de lumière, et l’âme, soudain, s’élance vers l’inconnu. Là-haut, chaque pas devient promesse d’évasion et d’émerveillement.

/ Pico Tres Mares :
panorama exceptionnel

Après une centaine de kilomètres, j’arrive à Reinosa pour faire quelques courses et refaire le plein. Ensuite, la route grimpe en lacets sur une vingtaine de kilomètres, traversant les pistes de la petite station de ski de Brañavieja, jusqu’au parking du Pico Tres Mares, perché à plus de 2 000 m d’altitude.

À mon arrivée, beaucoup de monde. Mais au fil de l’après-midi, les voitures s’en vont, le silence revient… et la magie opère. Le coucher de soleil embrase les montagnes : un moment suspendu, à vivre au moins une fois.

Le lendemain, je me lève à sept heures pour profiter du lever du soleil sur la vallée. Après un bon petit-déjeuner, j’attaque une randonnée qui se révèle plus exigeante que prévu. La fatigue des jours précédents se fait sentir et je décide finalement de l’écourter. Malgré cela, les paysages sont superbes et j’ai la chance d’apercevoir des bouquetins et même un vautour.

À 10 h 30, je quitte ce lieu avec un certain regret tant il m’a marqué. Prochaine étape : la source de l’Ebre, située un peu plus bas dans la vallée.

/ Vallées du Nansa et du Saja

J’arrive en fin d’après-midi à Barcenillas, un petit village paisible posé au cœur des vallées du Nansa et du Saja. La route pour y parvenir est un véritable plaisir : elle serpente à travers montagnes et forêts profondes, dévoilant des panoramas d’un vert intense. Une fin de journée tranquille dans cette vallée luxuriante, parfaite pour recharger les batteries.

Le lendemain, je pars très tôt pour une randonnée menant aux cascades de Lamiña. La météo est incertaine : de la pluie est annoncée pour l’après-midi, alors je ne traîne pas. Le sentier traverse des prairies ouvertes puis une forêt dense et humide. L’arrivée aux cascades est splendide : plusieurs chutes d’eau se succèdent dans un décor très sauvage.


Et j’ai eu raison de partir tôt ! Sur le chemin du retour, je croise une foule de randonneurs qui monte en sens inverse.

/ Comillas, Santillana del Mar, Pimiento

De retour au van, après une petite pause déjeuner, je reprends la route vers une forêt de séquoias géants que je souhaitais absolument découvrir. Mais la pluie s’invite à nouveau et je préfère renoncer : la balade n’aurait eu aucun charme sous ce déluge.

Une bonne soupe espagnole

J’opte pour une journée tranquille en cuisinant une bonne soupe espagnol, au camping El Helguero, à Comillas, — un camping que je recommande chaleureusement.

Après une bonne nuit, direction Santillana del Mar. Ce village médiéval, parfaitement entretenu, est très agréable tôt le matin… avant que les touristes arrivent.
Soyons honnête : comme Collonges-la-Rouge ou le Mont-Saint-Michel, c’est magnifique mais aussi très orienté touristes, avec les inévitables boutiques « attrape-touristes ».

Musée de la torture
Musée de la torture

Je visite également le musée de la torture de l’Inquisition médiévale : intéressant, mais glaçant. On réalise à quel point il fait bon vivre en 2025…

Je poursuis ma route le long de la côte : petite halte sur la plage de Comillas, puis direction Pimiango, en passant par San Vicente de la Barquera, sans m’y arrêter.
Je me lance ensuite dans une superbe randonnée jusqu’aux grottes de Cueva el Pindal. Entre eucalyptus parfumés, falaises abruptes et vues époustouflantes sur l’océan, cette balade offre des paysages à couper le souffle.
C’est une randonnée que je recommande vivement.

Je reste dans les environs pour la nuit, bercé par le bruit de la mer.

Fin de journée en bivouac en pleine nature

/ Randonnées côtières : Bufones d’Arenillas, Playa de Franca

Le lendemain, je pars aux premières lueurs de l’aube. À cette heure, la Playa de Franca est déserte. Le soleil se lève lentement et dévoile la plage qui sort de l’obscurité : un spectacle apaisant, idéal pour savourer mon café matinal.

Je remonte ensuite vers La Paz pour une randonnée côtière jusqu’aux Bufones d’Arenillas. Les “bufones” sont des formations géologiques où l’air et l’eau de mer sont expulsés violemment à travers la roche lors des fortes marées. Le bruit est impressionnant !

La météo se couvre, mais je poursuis ma route vers la plage de Ballota, une magnifique baie en forme de coquille de 350 mètres, dominée par un gros rocher isolé au large. Dommage : sans le soleil, elle perd un peu de son éclat.

/ Village de Bulnes, Asiegu et alpages

Je passe par Llanes pour faire quelques courses avant d’attaquer les montagnes des Picos de Europa.
Direction le petit village d’Asiegu, perché sur les hauteurs, où la vue sur les sommets est sublime. Je m’y installe pour la nuit, entouré de montagnes.

Le lendemain matin, je me réveille tôt sous un paysage splendide. Je dois prendre un bus à Arenas de Cabrales pour rejoindre Poncebos, point de départ de ma randonnée.
Sur place, surprise : malgré une interdiction officielle de circulation, de nombreuses voitures sont garées. J’aurais pu venir en van, visiblement…

Mon objectif initial était la célèbre Senda del Cares, l’un des itinéraires les plus spectaculaires des Picos. Mais une partie du sentier est fermée : les incendies de l’été 2025 ont fragilisé les parois, et les risques d’éboulement sont trop importants.

Je me rabats donc sur une randonnée jusqu’au village de Bulnes. La montée est soutenue, ça grimpe fort, mais le panorama réconcilie tout.
Un belvédère, juste au-dessus du village, offre une vue extraordinaire sur les pics des Picos de Europa.

  • Départ dans Parc National Pics d'Europe  vers le village de Bulnes
  • Départ dans Parc National Pics d'Europe  vers le village de Bulnes
  • Parc National Pics d'Europe : Bulnes
  • Village de Bulnes, accessible uniquement à pied ou en funiculaire.
  • Vue sur le Pico del Europa
  • Parc National Pics d'Europe : Bulnes

/ Asiegu et alpages

Après un aller-retour d’environ trois heures, je retrouve mon van et rejoint un spot repéré dans les alpages. Chevaux, vaches en liberté, silence absolu, vues incroyables : un lieu de rêve.
J’y passe une nuit parfaite.

/ Lacs de Covadonga

Après une nuit paisible dans les alpages, je me mets en route très tôt : l’accès aux lacs de Covadonga est strictement réglementé. Il fait encore nuit lorsque j’arrive au parking n°4, après Cangas de Onís.
J’ai réservé un bus pour 8 h 07 avec un retour à 11h08 ! Les seuls créneaux encore disponibles. L’organisation est rigide : jour, heure, retour… Tout doit être réservé en avance, alors pas le choix !

La randonnée commence dans de vastes pâturages : un premier décor magnifique. Mais sans soleil, le lieu perd un peu de sa magie. Les nuages couvrent les sommets, l’ambiance est presque mystique.
Un moment toutefois splendide, que j’ai eu la chance de vivre presque seul — car le site est très fréquenté. Le meilleur conseil : arriver le plus tôt possible.

De retour au van, je me dirige vers Ribadesella. La ville ne me séduit pas vraiment, surtout avec la météo capricieuse.
Je file plutôt vers la Playa de Vega, longue plage de sable blond, ambiance surf, très agréable.

En fin de journée, je remonte dans les montagnes pour rejoindre mon spot nocturne.

/ Oviedo, capitale des Asturies

Le lendemain matin, direction Lastres. Mais impossible de se garer ! Très peu de places, ruelles étroites et… les vans ne semblent pas forcément les bienvenus. Dommage : le village, accroché à la colline, a beaucoup de charme.

Je poursuis jusqu’à Oviedo, capitale des Asturies. Une ville élégante, agréable à découvrir : belles façades, centre historique animé, grands parcs. Une fête sportive se préparait ce jour-là, ajoutant une ambiance conviviale à la ville.

/ Senda del Oso depuis Entragu

Puis je roule jusqu’à Entragu, un petit village niché dans un décor rural verdoyant. C’est ici que l’on peut parcourir un tronçon de la Senda del Oso, une ancienne voie ferrée minière transformée en piste de randonnée.
Le sentier est superbe : beaux points de vue, un très long tunnel à traverser… Une balade facile et plaisante.

Je reviens juste avant la pluie et décide de rester passer la nuit sur place.

/ Lagos de Saliencia :
une fenêtre météo parfaite

Le lendemain, la météo est incertaine mais je tente quand même la montée vers les Lagos de Saliencia, à 1 700 m d’altitude.
Arrivé au parking… ambiance hivernale : 4°C, vent violent, pluie-neige, brouillard épais. On n’y voit pas à 20 mètres !
Je décide de commencer la randonnée malgré les conditions météorologiques. La météo annonce une éclaircie pour 11 h — j’ai envie d’y croire.

Finalement, vers 11 h, les nuages s’écartent d’un coup et le site se dévoile : silence total, aucune âme autour, une lumière froide et pure.
Un moment rare, presque hors du temps.
Puis le ciel se referme.

Je redescends vers Poma de Somiedo où je trouve un camping. La pluie tombe sans discontinuer tout l’après-midi. Ambiance de fin d’automne, rues désertes, village endormi… un contraste saisissant avec la beauté du matin.

Il a plu toute la nuit, sans interruption. Les températures ont chuté : 4°C ce matin encore. J’écourte donc mon passage dans les Asturies et prends la route du sud, direction Chaves, au Portugal.

Sur les 400 km de route, je fais un premier arrêt à Ponferrada. Le centre historique autour du château médiéval est joli, mais le reste de la ville ne présente pas grand intérêt.

Château de Ponferrada
Château de Ponferrada

Puis je file vers la frontière. J’arrive à Chaves en fin d’après-midi. La ville est calme, douce, agréable dans cette lumière déclinante.


Je m’installe pour la nuit à quelques kilomètres, au bord du Rio Tâmega.

/ Au bord du Rio Tâmega

Réveil à 8 h. Il fait très froid, mais lorsque j’ouvre le store de la tente de toit, c’est un spectacle incroyable : le ciel est bleu éclatant, les premiers rayons du soleil passent entre les arbres et… le Rio Tâmega fume !
L’eau est plus chaude que l’air.

Je me dis que je vais partir vers 10 h… puis midi… puis 16 h.
Et finalement, je reste toute la journée, dans mon hamac, bercé par le silence et la lumière.
Un lieu magique, simple mais exceptionnel. L’un de mes coups de cœur du voyage.

/ Parc national de Peneda-Gerês

Je quitte mon havre de paix au bord du Rio Tâmega au lever du soleil. La route qui grimpe vers le parc national de Peneda-Gerês est magnifique : sinueuse, sauvage, enveloppée de lumière dorée.

J’arrive à Xertelo vers 8 h, par un froid mordant. À cette heure, je ne croise quasiment personne : le parc m’appartient.

Je pars en randonnée vers les Sept Lagons.
La première partie du sentier est simple : large, agréable, presque facile. À mi-parcours, j’atteins enfin les lagons. L’eau est d’un vert cristallin, translucide, presque irréelle.
Silence absolu. Personne autour. Je savoure ce moment privilégié — en été, ce lieu doit être noir de monde.

La seconde partie du parcours est tout autre : beaucoup plus technique, étroite, avec passages dans les fougères, ronces, arbustes. Ça monte, ça descend, puis ça remonte encore. Le dénivelé se fait sentir.
Mais les paysages sont superbes.
⚠️ Attention : si la rivière est en crue, certains passages deviennent impossibles à franchir.

Sept Lagons de Peneda-Gerês : eaux cristallines en altitude.

De retour au parking, après une pause bien méritée, je file découvrir la cascade de Tahiti. Malheureusement, entre des travaux et le faible débit de l’eau en septembre, elle ne révèle pas tout son potentiel.

Je termine ma journée sur un excellent spot en pleine nature où je passe une nuit reposante.

/ Guimarães

En quittant les montagnes, je cherche deux plages lacustres repérées en vallée.
La première est quasi inaccessible, la deuxième fait partie d’un complexe touristique… pas vraiment ce que je recherche.

Alors je poursuis la route vers Guimarães, berceau du Portugal.

La ville Guimarães est splendide, médiévale, vivante.
Mais en fin d’après-midi, les ruelles sont bondées et les terrasses, alignées sous d’immenses parasols, dénaturent un peu le charme du centre.
⚠️ À savoir : très difficile de se garer. J’ai fini par trouver une place à 15 minutes à pied.

Je termine la journée en rejoignant Amarante, où je m’installe sur un spot agréable près d’un parc.

/ Amarante

Au lever du soleil, je visite Amarante. C’est le moment parfait : personne dans les rues, une lumière dorée qui éclaire les façades et les ponts, les terrasses encore repliées… La petite partie historique autour de l’abbaye est ravissante.

Visite d’Amarante au levé de soleil

Puis je prends la direction de la vallée du Douro. Après un expresso et quelques pâtisseries portugaises, je monte dans le train régional à Pinhão, à 11 h 45.
Une heure à rester collé à la fenêtre, les yeux grands ouverts.
La vallée du Douro, classée à l’UNESCO, est un spectacle unique : terrasses de vignes, collines abruptes, méandres du fleuve…

Le retour se fait à 13 h 15 par le même train, pour 10 € aller-retour.
Une manière simple, économique et absolument magnifique de découvrir le Douro.

De retour au van, je monte dans les collines jusqu’à la Quinta do Monte Travesso.
On peut y faire une visite ou une dégustation (sur réservation). Un espace est laissé gratuitement aux voyageurs pour dormir.
Le coucher de soleil sur les vignes est splendide.

  • Voyage en train pour découvrir la vallée du Douro
  • Voyage en train pour découvrir la vallée du Douro
  • Voyage en train pour découvrir la vallée du Douro
  • Voyage en train pour découvrir la vallée du Douro
  • Voyage en train pour découvrir la vallée du Douro
  • Voyage en train pour découvrir la vallée du Douro
  • Voyage en train pour découvrir la vallée du Douro
  • Voyage en train pour découvrir la vallée du Douro
  • Train Pinhão–Régua longeant le fleuve Douro.
  • Voyage en train pour découvrir la vallée du Douro
  • Voyage en train pour découvrir la vallée du Douro

Réveil à 5 h.
J’ai plus d’une heure de route pour atteindre le départ de ma randonnée, qui commence par la traversée du fameux pont suspendu 516.

La vue est incroyable ! Une expérience à vivre au moins une fois !

La randonnée se poursuit sur des passerelles en bois au cœur du parc PASSADIÇOS DO PAIVA.
La descente vers le village n’est pas la plus intéressante, mais la partie menant à Vau est magnifique.

Une très belle rando, et après le pont… j’étais absolument seul !

Passadiços do Paiva : passerelles au cœur du parc.

Aux portes de la Ria d’Aveiro, la côte sauvage déroule des kilomètres de sable blond, de dunes et de forêts de pins, face à un Atlantique puissant et imprévisible. Ici, pas de grande station balnéaire tapageuse : seulement des villages de pêcheurs, des maisons colorées, des lagunes calmes et des plages presque désertes où l’on a souvent l’impression d’être seul au monde.

C’est une côte qui se vit en mouvement : un coup d’œil au lagon au petit matin, une marche sur la plage battue par le vent, un café dans une pastelaria en attendant le ferry, un coucher de soleil sur les dunes avant de regagner son van ou sa tente. Entre océan agité et eaux tranquilles de la lagune, chaque étape invite à ralentir, à improviser et à se laisser porter par la lumière, le bruit des vagues et la simplicité des petits ports.

/ Cais do Bico (Murtosa)

Après pont suspendu 516, je reprends la route, mais le ciel se couvre rapidement. La pluie s’invite, la météo annonce un gros coup de vent pour la fin d’après-midi et dans la nuit, conséquence d’un ouragan qui remonte l’Atlantique. Je révise donc mes plans et décide d’éviter les zones trop exposées, avec trop d’arbres, pour trouver un coin plus abrité.

Après quelques hésitations, je mets le cap vers le sud, direction Cais do Bico, à Murtosa, un petit port de pêche posé sur le bord d’un lagon intérieur, bien protégé du vent. Le port est charmant, l’ambiance paisible. Je me gare à l’abri, tout en regardant deux surfers s’amuser avec le vent puissant. La soirée et la nuit sont secouées par un vrai déluge de pluie et de rafales.

Au petit matin, le calme revient. Le lieu retrouve une atmosphère douce, presque hors du temps, comme un dimanche matin au ralenti. Je contemple le lagon, savoure la tranquillité et profite simplement de l’instant présent.

/ de Cortegaca à Sao Jacinto

Je quitte finalement ce petit port de pêche si reposant pour reprendre la route. Je fais une halte au Parque da Fonte do Estanislau, un minuscule coin de verdure, certes très petit, mais vraiment agréable pour une courte pause nature.

La route de la côte sauvage démarre pour moi à la plage de Cortegaça, où j’en profite pour me restaurer un peu. S’enchaînent ensuite les plages de São Pedro de Maceda, Furadouro et Torreira, dont le village est ponctué de jolies maisons colorées. Les plages sont sublimes, désertes, sauvages, avec un côté brut et authentique. La mer, elle, est impressionnante et dangereuse : forts courants, grosses vagues, et une eau glaciale. J’avais mis mon maillot, mais clairement, ce ne sera pas pour aujourd’hui !

Je décide de poser mon campement pour la nuit dans un camping, histoire de gérer un peu toute l’intendance liée à ma vie nomade du moment et de repartir plus serein le lendemain.

/ Le ferry

Le matin suivant, la lumière sur le lagon est tout simplement magique, avec des reflets qui changent à chaque instant. J’en profite pour faire un détour par la plage de São Jacinto, avant de rejoindre le ferry qui me permettra d’éviter un long détour routier d’environ 50 km. La traversée dure une quinzaine de minutes et coûte 7 € pour un véhicule et une personne, un bon plan pour gagner du temps.

En attendant l’embarquement, je m’installe à la pastelaria du coin pour un café bien serré et deux pastéis de nata. Un petit moment de bonheur simple avant de reprendre la route.

/ Costa Nova

Après la traversée, je mets le cap sur la petite ville de Costa Nova. Elle doit sa réputation à ses maisons rayées de bandes colorées, verticales ou horizontales, qui bordent la lagune. Ce sont d’anciens ateliers de pêche restaurés, ce qui donne un charme fou à la ville côté étang.

La promenade le long de ces façades colorées est vraiment plaisante, pleine de caractère. En revanche, la partie tournée vers l’océan est nettement moins intéressante, et l’ambiance y est plus banale. Je garde surtout en mémoire le côté pittoresque du front lagunaire.

/ Praia do Areão

Je reprends ensuite la route en direction de la Praia do Areão. Une aire de camping-car très agréable est mise à disposition par le propriétaire du bar voisin : l’endroit est propre, bien entretenu et particulièrement calme en cette fin septembre. Le bar est fermé, la plage est vide, ce qui renforce encore la sensation de bout du monde. Le paysage est superbe, avec l’océan en toile de fond.

Mais ici aussi, prudence : l’océan est dangereux, les vagues sont puissantes, le courant fort, et il n’y a aucune surveillance à cette période de l’année. Je passe la nuit sur place et repars le lendemain, en début d’après-midi, après avoir bien profité du cadre.

La petite station balnéaire de Praia de Mira, en revanche, ne me séduit pas vraiment. L’endroit manque de charme à mes yeux, alors je ne m’y attarde pas et file vers l’intérieur des terres pour rejoindre le parc de Buçaco, en laissant derrière moi cette belle parenthèse sur la côte sauvage.

Je quitte la côte sauvage et prends la route vers le parc de Buçaco. Le trajet est superbe, serpentant à travers les collines et les villages. En montant, la forêt devient plus dense et le paysage change complètement. La forêt de Buçaco est impressionnante : des arbres immenses, des fougères partout, des petits bassins et des sentiers ombragés. On comprend facilement pourquoi ce parc est considéré comme l’un des plus beaux du Portugal.

Cette forêt a été aménagée par les moines Carmes déchaux à partir du début du XVIIᵉ siècle, quand l’évêque de Coimbra leur a donné ces terres pour y fonder un couvent retiré du monde. Ils ont entouré le site d’un mur de plusieurs kilomètres, planté de nombreuses espèces d’arbres, et créé un véritable jardin spirituel qui est devenu au fil du temps un patrimoine naturel protégé.

  • L'incroyable diversité du parc Buçaco
  • L'incroyable diversité du parc Buçaco
  • L'incroyable diversité du parc Buçaco
  • L'incroyable diversité du parc Buçaco
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  • L'incroyable diversité du parc Buçaco
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  • L'incroyable diversité du parc Buçaco
  • L'incroyable diversité du parc Buçaco
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  • L'incroyable diversité du parc Buçaco
  • L'incroyable diversité du parc Buçaco
  • L'incroyable diversité du parc Buçaco

En fin de journée, j’arrive à Coimbra, ville estudiantine animée, riche en histoire.
Je découvre le centre à pied : escaliers, ruelles pavées, façades anciennes, ambiance jeune et dynamique.
La ville grimpe, redescend, puis remonte encore. Une vraie mise en jambes, mais un plaisir à explorer.

Je dors en altitude, juste à la sortie de la ville, au calme.

Cette deuxième partie de mon voyage en van suit la côte sauvage du centre du Portugal, entre forêts, falaises et villages tournés vers l’océan. De Miradouro da Bandeira, perché au-dessus de Figueira da Foz, jusqu’aux baies plus douces de Nazaré et São Martinho do Porto, le paysage change sans arrêt, tout comme l’ambiance. Entre spots tranquilles pour la nuit, stations balnéaires sans charme et plages impressionnantes battues par les vagues, ce trajet mélange solitude, surprises et quelques bonnes sueurs froides face à la puissance de l’Atlantique.

/ Miradouro da Bandeira

En fin d’après-midi, je pars rejoindre mon spot du soir. Je ne veux pas retourner sur la côte, je préfère prendre de la hauteur et viser le Miradouro da Bandeira, perché dans la Serra da Boa Viagem au-dessus de Figueira da Foz. L’accès n’est pas simple par la route goudronnée, le GPS insiste pour me faire passer par des pistes forestières.​
Une fois arrivé, la vue depuis le miradouro est incroyable, avec la forêt qui plonge vers l’océan au loin au couché de soleil. Je décide d’y rester pour la nuit.

Le lendemain matin, je pars pour une petite randonnée dans les bois environnants, histoire de mieux apprivoiser cette forêt calme et un peu mystérieuse.​

/ De Figueira da Foz au Lagos da Pataias

Après cette belle matinée, je redescends vers la mer et j’arrive à Figueira da Foz. Le contraste est saisissant : grande ville balnéaire, barres d’immeubles et tours dédiées au tourisme de masse. L’ensemble est froid, sans charme à mes yeux, rien qui me donne envie de rester. Je ne m’attarde pas et reprends vite la route.​

Je longe ensuite le littoral en passant par le Lagoa de Ervedeira puis le phare Penedo da Saudade et différentes plages, jusqu’à Praia de Paredes da Vitória. La plage est encadrée par des falaises couvertes de végétation, avec un village au centre, quelques restaurants et des terrasses tournées vers l’océan.

phare Penedo da Saudad

On sent que c’est un coin plus familial, mais je garde mon envie de nature et continue ma descente vers le sud jusqu’au Lagos da Pataias.​

/ Nazaré et São Martinho do Porto

La météo s’est dégradée depuis la veille : ciel gris et vent fort sur la mer, alors que dans les terres il fait encore beau. L’arrivée sur Nazaré est impressionnante, la ville conserve son caractère de port de pêche, même si la vie tourne désormais surtout autour de la plage et du surf. Les fameuses vagues géantes ont fait la réputation du spot, avec un record du monde détenu par l’Allemand Sebastian Steudtner, qui a surfé une vague de plus de 26 mètres en 2020 à Nazaré.​​

Le jour de mon passage, aucune vague monstrueuse, mais le drapeau rouge flotte et les secouristes surveillent constamment la plage, rappelant que la mer ici peut devenir dangereuse d’un coup. La mer paraît calme, puis sans prévenir un énorme rouleau, à hauteur d’homme, vient s’écraser sur le sable. Moi qui pensais me baigner, c’est impossible : le courant est traître et l’eau est glacée.​

Je reprends la route vers São Martinho do Porto, un lagon presque fermé sur l’océan, à l’abri de la houle. Ici, l’ambiance change totalement : la baie en forme de coquillage offre une baignade beaucoup plus tranquille et sécurisée, idéale pour finir la journée en douceur avant de continuer mon road trip.

/ Óbidos

Arrivée à Óbidos vers 17h. La foule commence à se disperser et le soleil perce encore par moments. J’en profite pour me perdre dans les ruelles pavées de cette superbe bourgade médiévale, dominée par une forteresse massive construite par les Maures. Je décide d’en faire le tour par les remparts. Mais prudence : il ne faut pas avoir le vertige ! Le vide se fait sentir et aucune barrière ne protège la marche. Les vues, elles, sont à couper le souffle.

La fin de journée approche, et le temps se couvre rapidement. Je reprends la route vers mon spot du soir, avec la promesse de revenir tôt demain matin pour capturer quelques photos du village encore endormi.

Le lendemain, le ciel est d’un gris doux et un léger crachin enveloppe les pierres. L’ambiance est magique, presque hors du temps. J’ai une petite heure, de 8h à 9h, de calme absolu avant que les premiers bus ne déversent leurs flots de touristes. Je quitte Óbidos avec un brin de nostalgie — ce lieu a vraiment une âme.

/ Alcobaça – Batalha – Porto de Mós

Je poursuis ma route vers Alcobaça, Batalha et le château de Porto de Mós. Dommage, le château ne vaut pas vraiment le détour : les pièces sont vides et l’atmosphère manque un peu de vie.

Je prends ensuite de la hauteur pour rejoindre le parc naturel des Serras de Aire et Candeeiros, où m’attendent trois grottes que je dois visiter demain : Grutas de Alvados, de Santo António et de Mira de Aire.

/ Les grottes d’Alvados, Santo António et Mira de Aire

Ces trois grottes sont très différentes. Alvados, la plus petite, offre une ambiance intimiste. Santo António, ma préférée, m’a complètement séduit : superbe, et surtout, j’ai eu la chance de la visiter seul avec le guide ! Mira de Aire, plus célèbre, impressionne par son gouffre monumental plongeant à près de 80 mètres sous terre. En revanche, les visites s’y font en groupe d’une cinquantaine de personnes, et il faut suivre le rythme sans traîner — sinon on se retrouve dans le noir ! Le guide, lui, n’est pas très disert…

/ Tomar

Je reprends la route vers Tomar, en faisant une halte dans un petit village perché, orné d’une dizaine d’anciens moulins.

Tomar est une ville pleine de charme. Ancien siège de l’ordre des Templiers, elle dégage une atmosphère unique, entre histoire et sérénité. Le couvent du Christ en est la plus belle démonstration — un joyau de la Renaissance portugaise classé au patrimoine mondial. La ville abrite aussi un splendide parc en plein centre, parfait pour flâner après une longue journée de route.

/ Albufeira da Barragem do Castelo de Bode

Situé sur le fleuve Zêzere, le barrage de Castelo de Bode est l’un des plus grands du Portugal. Il s’étend sur près de 60 km entre les communes de Tomar, Abrantes, Sardoal et Ferreira do Zêzere.

C’est un lieu d’une beauté saisissante. J’y ai passé deux jours, en explorant plusieurs spots autour du lac. L’endroit est tout simplement incroyable : de l’eau turquoise, des collines boisées et une atmosphère paisible qui invite à la détente comme à l’aventure..

/ Marvão

Perché sur une colline au cœur de l’Alentejo, Marvão est un véritable bijou. Ce village médiéval, ceinturé de remparts, domine la Serra de São Mamede et offre une vue à couper le souffle jusqu’à la frontière espagnole. Ses ruelles pavées, ses maisons blanches et son château perché lui confèrent un charme intemporel. C’est une destination idéale pour qui aime l’histoire, la nature et la gastronomie locale.

J’ai visité le village en fin de journée, puis à nouveau le lendemain matin. J’ai dormi dans les environs, face à un panorama spectaculaire : coucher de soleil sur l’Espagne, lever de Lune, puis lever du jour sur les collines dorées… Autant dire que la nuit fut courte, mais l’expérience, magique.

/ De retour à Madrid

Dernière journée. Je remonte doucement vers Madrid, par de longues routes rectilignes au milieu de paysages chauds et secs. Peu de circulation, beaucoup de lumière.

J’arrive dans la capitale en début d’après-midi, je rends le van… et c’est déjà l’heure de prendre l’avion.
Fin d’un road trip de 3 000 km, riche en contrastes : montagnes, océans, forêts, villages médiévaux, villes vibrantes, moments de solitude absolue, rencontres, silence, lumière…

Ce road trip d’un mois entre Espagne et Portugal restera l’un de mes plus beaux voyages en van. La diversité des paysages est incroyable : gorges vertigineuses, montagnes sauvages, vallées paisibles, plages infinies, villages médiévaux perchés, forêts mystérieuses, et une lumière qui change à chaque région.
J’ai aimé la liberté du bivouac, la simplicité des petits-déjeuners au lever du soleil, les randonnées où l’on ne croise personne, mais aussi les moments de ville, l’histoire, la gastronomie.
Si je devais retenir une idée forte, ce serait celle-ci : la péninsule Ibérique est un territoire d’intensité et de contrastes, idéal pour voyager en van.
Et un seul regret… que ce mois soit passé trop vite.
Une chose est sûre : j’y retournerai.


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